Cette première réunion de l’année nous a permis d’écouter la conférence du docteur Marina Falque-Lantier , membre de notre club ,qui porte sur l’opportunité d’un traitement de la ménopause.

En voici un bref résumé qui devrait vous intéresser ( publié avec l’autorisation de la conférencière)
Vers la cinquantaine, la femme est ménopausée. La ménopause correspond à l’arrêt de la sécrétion ovarienne
de l’Estriol (hormone des ovaires) qui a pour conséquence la stimulation de l’hypophyse. Ceci entraîne une surproduction d’une part de l’hormone folliculo-stimulante FHS = Follicle-Stimulating Hormone, et, d’autre part, de l’Hormone Lutéinisante LH, toutes deux produites produites par le lobe antérieur de l’hypophyse.
Cette suractivité provoque l’apparition de bouffées de chaleur, de gonflement, de prise de poids, d’une baisse d’entrain et de la libido, de la sécheresse de la peau, de troubles du sommeil… etc.
1960 : proclamation selon laquelle la femme est enfin libre.
Apparition de la pilule contraceptive oestro-progétative et du concept de traitement hormonal substitutif de la ménopause. 1975 : Prescription généralisée par les gynécologues de ces hormones miracles.
Juillet 2002 : Publication des études WHI = Women’s Health Initiative ainsi que l’étude anglaise de MWS (Million Women Study ) dont le but était de tester les effets d’un traitement hormonal composé de deux produits parmi les plus prescrits.
Elles ont fourni des données essentielles établissant l’association entre traitement hormonal de la ménopause = THM et cancer de l’ovaire. Ces deux études ont eu une médiatisation énorme. Les femmes observées avaient plus de 63 ans dans la majorité des cas avec des problèmes cardiovasculaires, des problèmes d’obésité, de diabète….
Mars 2004 et Août 2005 :
- constat important : le cancer de l’utérus et de l’ovaire a diminué de 29% chez les utilisatrices de TSH = ThyréoStimuline Hormone, hormone hypophysaire commandant la fonction thyroïdienne.
- Mais constat parallèle d’une augmentation du cancer du sein.
- Confirmation de l’effet protecteur des oestrogènes, un groupe de stéroïdes fonctionnant comme des hormones, vis-à-vis du risque de fracture ostéoporotique.
Une autre étude, l’ E3N = Etude Épidémiologique auprès des femmes de la MGEN ( Mutuelle Générale de
l’Éducation Nationale) a porté sur environ 100 000 femmes volontaires, nées entre 1925 et 1950 et a donné des résultats positifs :
Le Risque Relatif de cancer du sein sous Traitements Hormonaux Substitutifs (THS) a été de 1.2 et de 1.4 avec les oestrogènes associés aux progestatifs.
Faits : Le traitement par œstrogène seul ou le traitement par œstrogène et progestérone micronisé n’augmentent pas le risque de cancer du sein.
2005 : Conclusion de l’AFEM (Association Française pour l’Étude de la Ménopause) dans sa lettre
adressée aux gynécologues : si une femme n’arrive pas à supporter tous les inconvénients de sa ménopause, on doit lui proposer un traitement hormonal substitutif.
Précautions :
- Etude préalable des risques : ostéoporose, puis informer sur les risques
- Prescrire le traitement à très faible dose : 75g/semaine, ou, par voie cutanée : badge ou crème.
- Durée du traitement : elle sera la plus courte possible bien que l’ASSAPS = Agence Française de Sécurité
Sanitaire des produits de Santé ainsi que le MEA = Médecins Examinateurs Agréés ne fixent aucune limite à la durée du traitement hormonal substitutif.
- Tenir compte de l’environnement familial en matière de risque de cancer .
En cas de risque élevé de fracture, pas de traitement.
Le Traitement Substitutif Hormonal requiert une surveillance rigoureuse du bilan glucido-lipidique, de la
tension artérielle, des seins, des organes génitaux. Difficile à moduler et à supporter, 50% des femmes l’abandonnent à la fin de la première année.
Les phyto-oestrogènes sont de véritables hormones végétales, avec des principes actifs de plantes médicinales, permettant un traitement naturel en toute innocuité.
- Les isoflavones
- Le Cimicifuga, les graines de soja, le trèfle rouge contiennent de la génistéine, stimulant de l’activité
oestrogénique. Ils sont hypotenseurs, antispasmodique vasculaires et diminuent les risques de maladicardio-vasculaires.
L’huile d’onagre et la vitamine E : l’onagre = primevère du soir, joue un rôle fondamental dans la lutte contre le vieillissement des tissus cutanés et contre la sécheresse de la peau ainsi que des muqueuses à la pré-ménopause et à la ménopause.
Evista le raloxifène : Le raloxifène (evista) prévient, en effet, la ,perte osseuse chez les femmes en
post-ménopause. Le raloxifène peut également empêcher les fractures ultérieures . Il réduit le mauvais cholestérol. Il n’agit pas sur l’hypophyse, l’utérus et le sein. Et il n’a aucun effet sur les bouffées de chaleur. A noter qu’il n’est pas remboursé par Sécurité Sociale.
Conclusion : beaucoup d’avantages pour peu de risques ! Aujourd’hui, parce qu’elles sont mieux
surveillées, la mortalité est plus tardive chez les femmes traitées que chez les femmes non traitées.
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Questions diverses :
Tout l’auditoire a suivi avec beaucoup d’intérêt cet exposé. De nombreuses questions et remarques ont été soulevées :
-La pilule, et son prolongement substitutif
-Les plantes et l’homéopathie : on parle des 3 et de l’huile de poisson
-L’influence du tabac : voir les maladies cardiaques, les maladies vasculaires, à cause du CO2.
-Le cancer de l’utérus peut être dû à un manque d’hygiène des hommes…avec la circoncision des hommes, il y a moins de cancer de l’utérus. Le cancer du col de l’utérus est dû à un virus: le Papillomavirus Humain. C’est un virus commun et répandu qui peut se transmettre par contact intime génital ou par un rapport sexuel. Les femmes musulmanes n’ayant pas de nombreux partenaires sexuels, elles sont moins exposées, mais elles ont des difficultés à trouver un médecin pour les soigner.
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